Droits de reproduction
Voilà la bonne nouvelle : pour autant que vous êtes affilié à la SABAM ou à une autre société de gestion des droits d'auteur, le fabricant de votre CD a besoin de l'autorisation de celle-ci, et ça a un prixcela coûte ! Cela peut paraître un peu fou, mais vous devenez "producteur occasionnel" de votre CD, et donc vous allez payer... (toutefois, voir le paragraphe suivant...)
- Il faut remplir le formulaire M250F précisant l'artiste, le titre de l'album, les titres des chansons (avec le nom des auteurs), la marque (donnez par exemple le nom du studio), le n° de catalogue (inventez un matricule), le support (CD), le nombre d'exemplaires (en détaillant les prix de vente, ceux qui seront distribués pour démarcher, etc.). Donnez le nom du fabricant que vous avez choisi (voir plus loin).
- La SABAM fera alors un savant calcul pour les "redevances dues au titre de droits de reproduction mécanique" et vous donnera l'addition, que vous pouvez payer sur place par Bancontact.
- Sitôt le paiement fait, l'autorisation est envoyée, voire faxée, au fabricant.
Bon, et combien ça coûte ? Vous trouverez les calculs sur leur site, mais pour 500 CD de Paper Jam (350 à 12 euros + 150 pour démarchage), la somme s'élève à 440,54 euros !
Mais la SABAM vous rassure : vous retoucherez 85 % de cette somme en droits d'auteur. En effet, lors du calcul semestriel, tous les signataires des titres figurant sur le CD toucheront leur droit d'auteur. Insistons là-dessus : c'est bien les ayants droits qui retoucheront, et non la personne ayant demandé l'autorisation de reproduction (à vous de vous débrouiller avec les autres pour récupérer votre mise...). Hélas, ce qu'on vous ne dit pas, c'est que vous serez taxé sur cette vente : une partie de votre argent ira donc aux contributions...
En fait, dans le cadre d'une "autoproduction", la SABAM considère l'artiste demandeur comme "producteur occasionnel". L'avantage est qu'en contrepartie, il ne faut pas rendre des comptes pour prouver le nombre de CD vendus (comme c'est le cas pour les grosses industries du disque). Tous les CD fabriqués seront considérés comme vendus, avec perception immédiate des droits d'auteur.
Remarquons que, concernant le formulaire M250F, tantôt on vous dira que, si les titres sont enregistrés sous plusieurs noms, il faut une autorisation écrite des autres auteurs, tantôt que cette autorisation n'est pas nécessaire.
Exonération de payer les droits de reproduction mécanique
La SABAM ne le crie pas sur tous les toits, mais il existe une mesure pour les artistes autoproduits: ils ont droit, une fois dans leur vie, à ne pas devoir payer les droits de reproduction, pour leur 1000 premiers CD! Dans le cas d'un groupe, aucun des membres ne doit déjà avoir profité de cette mesure pour qu'elle soit applicable au groupe.
De plus, l'album ne peut contenir que des titres signés par les membres du groupe. En effet les droits d'auteur pour une reprise, par exemple, doivent être versés aux auteurs originaux, et c'est l'artiste autoproduit qui paie ces droits. La SABAM traitant l'album comme une seule pièce, avec un calcul global des droits d'auteur, la présence d'une reprise rendra donc l'éxonération impossible...
|